organisée par le Master 2 sciences et techniques de l’exposition

Revers du réel

exposition

du 11 au 22 mars 2008

Artistes :
Halida Boughriet – Cyprien Chabert – Florence Chevallier – Cyprien Gaillard – Candida Höfer – Emmanuel Lagarrigue – Christof Migone – Leonid Tishkov – Boris Bendikov

Le rapport que les artistes présentés dans cette exposition entretiennent avec le monde contemporain tient à la singularité d’un regard porté sur l’ambiguïté des éléments de notre culture. Un caractère autour duquel s’organise un monde actuel qui se réclame platement de « l’ici et maintenant », c’est-à-dire d’une simultanéité visuelle et temporelle toujours plus exacerbée, dont le but vise à l’indistinction entre la réalité et la fiction. Les propositions artistiques mises en lumière par l’exposition « Revers du Réel » s’élaborent comme des éléments révélateurs de nos tendances aveugles en décidant d’explorer les confins de la perception. Une sélection d’univers artistiques singuliers est ainsi présentée à la galerie Michel Journiac, devenue, le temps de l’exposition, réceptacle de ces expérimentations opérées à partir du réel.

De la vidéo à l’installation sonore en passant par la photographie ou encore la gravure contemporaine, les œuvres se développent à partir d’un constat univoque : celui de l’exubérance du réel. Face à la contamination architecturale, aux pollutions visuelles, aux allergies sonores auxquelles nous avons été désensibilisés, ou encore à l’obstruction de l’horizon du paysage, les alternatives proposées par les artistes ne peuvent être que radicales.

Adoptant une attitude de retrait Candida Höfer, Florence Chevallier ou encore Emmanuel Lagarrigue proposent des œuvres nichées dans une sphère parallèle, comme pour mieux menacer la réalité et ses référents de basculer dans le monde de la fiction et le règne de l’imaginaire. Leur originalité tient ainsi à leur situation dans un paysage inédit, peuplé de formes et d’éléments en constante tension entre le familier et l’inconnu, le lumineux et la pénombre, la sérénité et l’inquiétude. Ces propositions inaugurent ainsi un lieu qui permet de se pencher sur une autre réalité temporelle et géographique, un lieu réinvesti par le politique. Aux antipodes de ces univers, Cyprien Gaillard ou encore Cyprien Chabert éprouvent et épuisent les images d’une architecture et d’une nature envahissantes. Constituant à la fois une menace directe pour leur environnement et pour elles-mêmes, ces œuvres définissent ainsi toute production comme un système éphémère, tendant à sa propre dégradation.

À travers ces œuvres, les artistes participent donc de la redéfinition d’un espace sensible par la réactivation d’éléments naturels tels que la lumière et les sons, mais surtout par la reconsidération perpétuelle de leurs pratiques artistiques.

Face à des œuvres qui refusent le hiératisme, chaque visiteur, par sa réception personnelle, construira alors sa propre compréhension des œuvres autour des références culturelles historiques, littéraires ou imaginaires qu’elles activent. Le choix des œuvres et de leur scénographie rend visible un ensemble de différentes expériences qui constitue une démultiplication des lieux du sensible.